Ce soir, Nicole et Jenny ont décidé de jouer les salopes. Elles rejoignent donc leur club échangiste préféré et glisse un mot à la patronne sur leurs intentions. Très vite, tout le club est au courant de leur projet : faire gicler un maximum de mecs pendant un double gangbang. Auatnt vous dire que le message va vite passer. Et le compagnon de Nicole de filmer sa libertine de femme et sa meilleure amie dans cette partouze géante.

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Salopes !

S’il existe bien un mot qui fait parler les féministes – dont je suis – c’est bien celui-ci. Salopes, putes, catins, chiennes, que n’a t-on pas dit des femmes aux mœurs libérées, que l’on disait légères ? Car, il faut bien le reconnaître : il y a fort à parier que nombre des mecs qui ont participé à ce gangbang s’est dit qu’ils avaient eu affaire à deux traînées.

Mais alors, que dirait-on d’un mec qui aurait la chance de vivre un gangbang inversé ? On ne prétendrait surtout pas qu’il est une salope, ni même un salaud. On notera d’ailleurs ici qu’il n’y a pas de symétrie entre les deux termes.

chienne libertine

Non, les libertines ne sont pas des salopes. Il s’agit juste de femmes qui assument leurs envies et leurs désirs. Je prétends, moi, qu’elles font preuve d’un courage hors du commun. Elles refusent tout simplement les normes sociales auxquelles elles n’adhèrent pas. Et affrontent le regard des autres : car, même dans un club échangiste, il se trouve des arriérés qui portent encore ce regard sur les femmes.

Une médaille honorifique ?

Alors, pourquoi diable certaines libertines assument-elles avec une telle conviction le terme « salopes » ? On a déjà parlé ici du processus de l’inversion du stigmate. Oui, je suis une chienne, et je t’emmerde. L’injure devient alors une médaille, la distinction de celles qui assument courageusement leur combat pour leur liberté sexuelle.

Mais un autre processus rentre, à mon avis, en ligne de compte. Car l’injure sexiste et sexuelle représente également un fantasme. Comprenez-moi : si certaines femmes fantasment sur le viol (c’est un fait avéré), ce n’est pas parce qu’elles veulent se faire violer. C’est parce qu’être chosifiées, comme des salopes précisément, les écarte de leur propre responsabilité. On ne peut plus les blâmer, puisqu’elles ne sont que des victimes.